Bonjoir (bonjour+bonsoir=bonjoir, apprenez votre dico
néologistique), bande de fans! voici une nouvelle rédaction, qui
comme le titre l'indique fait partie d'un devoir
de brevet. (j'ai eu 16/20 youpi) Le sujet de base était;
Comme Albert Camus, vous découvrez un lieu, célèbre où
important pour vous. Vous raconterez les circonstances de
cette visite et décrirez le lieu, en précisant ce qui a
particulièrement retenu votre attention. Vous veillerez
à indiquer vos impressions personnelles et les sentiments que
vous avez éprouvés.
Le sujet de brevet était sur les carnets de voyage d'Albert
Camus, au Brésil. (30 juillet ou juin si je ne me trompe)
Tout d'abord, j'étais un peu flingué; aucune idée.
Puis j'ai demandé à la prof s'il était possible de faire un truc
un peu excentrique. Elle a répondu "Ne me dites pas que vous êtes
allé sur Mars."
Sans aucune idée, j'ai mis un peu de temps à réfléchir. Pis je
me suis dit "Banzaï, je vais fairequelque chose de dingue." Et
voilà ce que j'ai pondu; Bonne lecture!!
Rédaction de brevet n°2
Je pénétrais sous la voute en toussant. Une fois le rideau de
poussière évacué, mon guide frappa dans ses mains en exécutant
quelques entrechats, et une lumière aveuglante jaillit de nulle
part comme par magie.
Une fois mes yeux accoutumés à la violence de l’éclairage, je
détaillai la pièce où nous avions débouché. C’était une voûte
gigantesque, taillée à même la roche par les mini-ouvriers
robotiques de l’usine. Haute d’une trentaine de mètres,
la voûte s’avérait être une sphère ; en effet, nous
étions debout sur une gigantesque plaque de verre, circulaire,
d’un diamètre d’environ 60 mètres ; elle
surplombait d’autres plaques concentriques, où
s’activaient des cochons musclés et des petits robots portant
de jolies petites clés en laiton dans le
dos.
Mon guide m’expliqua que chaque étage consistait en une
activité sportive différente ; l’étage directement au
dessous de nous servait à développer la vitesse de course ;
les cochons présents là poursuivaient des robots qui produisaient
des petits sons électroniques agréables en s’enfuyant. Un
autre étage servait au développement de la force physique ;
les cochons s’y efforçaient de déplacer un énorme robot (mon
guide me confia au creux de l’oreille qu’il répondait
au doux nom de Boulon-La-Terreur) d’un coup magistral de
groin.
Les étages se succédaient avec des activités aussi folles que
drôles, si bien que je dus m’arrêter une demi-douzaine de
fois pour éclater de rire. Enfin mes yeux se portèrent vers le
reste de la plaque où nous nous tenions ; quelle ne fut pas ma
surprise en apercevant trois cochons, habillés de chemises en tweed
et coiffés de jolis bérets, en train de disputer une partie de
mini-golf dans les règles de l’art. « C’est
l’espace de détente, me confia le bonhomme qui
m’accompagnait ; ils viennent ici jouer quand ils ont
bien travaillé. »
Encore abasourdi par cette idée folle, je regardais les parois de
la sphère. Elles étaient vraisemblablement en granit rose, et
parfaitement lisses. La pierre était peinte en blanc. Seuls
quelques bonshommes souriants donnaient du relief à cette pierre
très lisse, sûrement dessinés ici par des robots graveurs qui
avaient été programmés pour être des petits rigolos. Cette pièce
toute entière me donnait l’impression d’un cocon de
développement, comme une couveuse. Comme la couveuse,
d’ailleurs, car cet endroit où des robots couvaient les
œufs de cochons jusqu’à éclosion ressemblait en tout
point à la pièce où je me trouvais. Des robots volants soutenaient
la voûte en la poussant avec leurs têtes à ressorts. Mon guide
m’amena alors vers la dernière pièce du
complexe.
Reliée à la précédente par un toboggan aquatique sinueux, cette
pièce-là était parfaitement cubique. Elle avait les mêmes mesures
que la sphère et comportait quelques renfoncements sur chaque face
du cube. Des centaines, voir des milliers de robots pouvaient loger
dans chaque trou. « C’est ici le dortoir. »
J’avais reconnu la voix de mon guide qui m’avait tiré
de ma rêverie. Je regardais plus bas et vis les chaînes de
montage ; des robots hauts d’environ douze centimètres y
fabriquaient d’autres robots, de toutes tailles, de toutes
utilisations… Seuls, pour supporter le poids du plafond,
quatre piliers géants représentants des cochons mutants dans des
poses improbables. Mon guide attira mon attention en
m’envoyant un coup de tête magistral, ce qui eut pour effet
secondaire (en prenant le fait d'attirer mon attention comme effet
principal) de me faire voler sur une vingtaine de mètres. Lorsque
je l’eu rejoins, il me présenta une petite machine blanche,
de la taille d’un extincteur de
poche. « C’est le Banzaï 4000, notre dernier
prototype ! Il peut couver quatorze œufs de cochon, et
en faire éclore huit en même temps ! Il fait montre, va sur
Internet, joue au morpion avec l’utilisateur, connaît les
règles du poker, peut stocker quarante-douze téraoctets de musique
(entendez par là beaucoup beaucoup beaucoup de morceaux), lecteur
de bande dessinées, et même club de golf. Vous pouvez aussi avoir
extincteur en option, après tout il a été conçu pour ça. Tenez,
nous vous offrons ce prototype au nom du personnel ! Dont je
suis le seul représentant humain,
d’ailleurs. »
Il me raccompagna alors vers la sortie, je montais dans ma
limousine et rentrais chez moi. Le clochard qui habitait au pied de
mon palace m’accueillit en s’accrochant à mes jambes,
et je lui rendis son salut en lui décochant un coup de pied dans
les molaires. Je montais les escaliers douze à douze – je
sais, j’ai de grandes jambes - lançais mon écharpe par la
fenêtre à l’attention de mon clochard domestique, puis
commençais à faire le bilan de cette journée de
dingue.
Aujourd’hui, 58 févravril Beaucoup + 25 (oui, après les
années 2500 nous comptons beaucoup comme 2500, vous pouvez donc
traduire par 2525), j’avais été convoqué chez le notaire, car
mon grand-père était mort dans des circonstances étranges la
semaine précédente. Il m’avait appris que mon grand père
possédait la plus grande entreprise de formation de cochons de
combat (oui, dans le futur, enfin VOTRE futur, nous avons laissé
tomber la guerre, maintenant on envoie des cochons en rencontres
sportives, c’est moins brutal et tellement plus rigolo) et
que j’en étais l’unique héritier. J’y avais
été envoyé pour faire mon tour du propriétaire et faire
connaissance Winstor, le majordome de
l’usine.
J’allumais un énorme cigare en chocolat et m’allongeais
sur mon lit. Je tirais une longue bouffée de chocolat fondu et
repensais à ce que j’avais gagné ce jour-là. Une grande usine
qui assurerait mes vieux jours, j’avais une montre neuve, un
accès à Internet, un partenaire de morpion, de quoi stocker de la
musique, que sais-je encore, et en plus avec le même gadget je
pouvais éteindre le feu sous mes carottes bouillies. De plus,
j'avais même appris que les cochons naissaient dans des oeufs.
Finalement, je ne savais rien de tout cela la semaine dernière
lorsque j’ai assassiné mon grand père d’un coup de
cassette vidéo. Tout ce que je voulais, c’était le mot de
passe du coffre-fort où il cachait sa réserve secrète de bonbons.
Ce fut une journée fructueuse, un peu gâchée par le fait que je
viens de me brûler avec le chocolat fondu. Je vous laisse donc,
j’ai un tour à faire à la salle de
bains.